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Dimanche 22 Avril 2007

Dans la pédagogie officielle de la France, et peut-être d'autres pays, on s'imagine que le plus important est d'inculquer les valeurs de la nation. Que l'être humain est au départ un sauvage, un animal, un barbare, et que, ce qui le fait devenir humain, c'est sa socialisation par le biais d'une culture digne de ce nom.

Son esprit même n'est constitué que d'idées imprimées sur son cerveau, et ces idées doivent être celles de la doctrine de l'Etat : laïque, et fondée sur le matérialisme scientifique. Cela tourne d'ailleurs en rond, car pour concevoir l'esprit de cette manière, il faut déjà être matérialiste : il faut avoir de la nature une conception au sein de laquelle la matière est la cause de tous les phénomènes.

Cependant, cela n'est pas principalement imputable aux laïques mêmes, comme on pourrait le croire, mais au catholicisme : la façon dont la doctrine chrétienne de Rome a regardé l'individu a mené directement à cette conception de l'esprit. En effet, pour le catholicisme romain, l'esprit de chacun n'est pas directement relié à la divinité, et donc n'a pas de liberté réelle ; seule l'institution, représentative de la communauté, reçoit et contient l'Esprit saint, à la suite, du reste, de l'Empereur : je veux dire, cette idée que la divinité ne rayonne que dans les symboles de la Cité vient de l'ancienne Rome, et non du christianisme en général.

L'humanité a toujours été regardée comme dénuée de maturité par les autorités ecclésiastiques ; la doctrine devait être imposée à l'entendement, afin de créer la conscience religieuse, et l'homme ne pouvait être sauvé qu'à condition de se soumettre à l'autorité, et de conformer son esprit, par conséquent, au dogme établi : c'est ce qui réellement traçait son chemin vers la divinité.

La République, en France, a simplement prorogé cette philosophie fondamentale ; elle s'est contentée de modifier le contenu de la doctrine, du dogme à enseigner pour sauver l'être humain. La pédagogie est donc restée la même, au sein de l'école publique, qu'elle l'était dans l'école catholique, ou n'a changé qu'en surface ; et il en est ainsi parce que l'école catholique elle-même avait simplement conservé la pédagogie qui était de mise dans l'ancien Empire romain, dont la France reste l'héritière.

Or, la Révolution a rendu officiel un concept qui à mon avis s'oppose à cette tradition : la liberté. Laquelle néanmoins reste théorique si elle ne s'appuie pas sur l'idée de Rousseau que l'esprit individuel est relié à la divinité, notamment par le biais du sentiment : chacun est en mesure de juger du vrai et du faux, du juste et de l'injuste - en son âme et conscience, comme on dit ! Et il n'en est pas ainsi simplement parce qu'on ne pourra jamais rien savoir avec certitude des grands mystères, comme certains l'affirment, mais que réellement, l'individu a les capacités intimes, mais mal connues, et encore à l'état larvaire, de percer à cet égard les obscurités les plus opaques.

La pédagogie conçue par Rousseau découle de cette idée de liberté de conscience effective. Ses disciples l'ont tous prise en compte : Decroly (sous la figure tutélaire duquel j'ai grandi, à Paris), Noémi Regard (en Haute-Savoie), Pestalozzi (en Suisse), et Rudolf Steiner (en Allemagne), bien sûr : celui-ci, à la suite des mystiques rhénans, avait une trop haute idée de l'âme individuelle pour qu'il en fût autrement.

En France, globalement, la liberté est restée mal comprise, et regardée d'abord comme l'autorisation d'assouvir ses pulsions intimes sans égard pour la société. C'est que même si on avait limité la liberté à la vie culturelle, comme elle doit l'être, cela n'aurait rien changé, puisqu'en France, cette vie culturelle est profondément liée à l'Etat. Pour se sentir unis, les Français doivent penser pareil.

A présent, il s'agit d'avoir foi en les capacités propres à l'être humain pour mettre fin à l'éducation vue comme endoctrinement. L'enfant grandit et se forme de lui-même : à cela, l'éducateur l'aide, mais il ne crée pas l'humanité de l'enfant ; il l'entretient, la nourrit, lui donne de quoi s'épanouir : rien d'autre.

publié par Ramiel dans: ramiel.fr
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Commentaires

Cher Ramiel, savez-vous que nos rendez-vous, auparavant quasi quotidiens, me manquent? Et pourtant mon intermède bloguesque s'imposait. Et rien n'avance aussi rapidement que je le désirerais, mais je crois bien que  s'«Il faut parfois que les désirs donnent l’unité suprême…», ainsi que ce très cher De Staël l'a peint, cela ne se fait pas sans peine.

Tout de même, le sentiment occasionnel du surplace. Ou de l'embourbement.

Ce qui n'est franchement pas votre cas : quelle belle réflexion que la vôtre ici! (En passant, selon le moment - assez régulier, me semble-t-il - de vos publications ici, il se trouve qu'elles s'offrent à moi en lectures matinales, vu le décalage horaire, et malheureusement, je n'ai pas l'estomac encore suffisamment en train pour les goûter et les neurones activés pour les commenter. Mais ne changez rien pour moi, et puis, même si nous étions synchrones, je n'ai pas votre carburant pour rouler à vos côtés! ;-) Enfin, ces temps-ci, mon esprit est plus disposé à la légèreté le plus clair de mon temps, et je ne le mate pas comme je veux... et puis vous savez déjà que d'autres chats me fouettent...)

Votre note, donc. Z'avez pas idée à quelle profondeur votre propos fait vibrer la peau de mon tambour. Déjà là une indication que le phénomène dont vous traitez n'est pas unique à la France, sauf spécificités politiques ou culturelles. Fond judéochrétien oblige, peut-être?

Une question, en particulier : lorsque vous dites que "La République, en France, a simplement prorogé cette philosophie fondamentale", entendez-vous qu'elle l'a fait sciemment, ou voulez-vous dire que vous constatez, selon les résultats, qu'ils paraissent tels que si elle l'avait fait sciemment?

Il va sans dire que je n'aurais su élaborer pareille analyse, mais cela va mieux le disant, comme dirait l'autre. Elle rejoint mes convictions les plus intimes, ça oui.  D'entrée de jeu, quand vous avancez que "pour concevoir l'esprit de cette manière, il faut déjà être matérialiste", on ne pourrait dire mieux. Mais ne serait-ce pas vrai de toute méthode d'"enseignement" non-fondée sur l'apprentissage en fonction de l'expérience propre? De même, donc, avec cette imposition de soumission au dogme et à l'autorité.

Est-il jamais question de pédagogie, quand il s'agit d'imposer plutôt que d'accompagner dans la "connaissance" et la "reconnaissance"? Ces "capacités intimes, mais mal connues, et encore à l'état larvaire, de percer à cet égard les obscurités les plus opaques", leur méconnaissance n'opaciserait-elle pas plus que de juste ces obscurités? Ça me fait penser à cette note de Pablo ( http://nosmoutons.canalblog.com/archives/2007/02/20/4071756.html ), et à mon expérience d'une relative pauvreté en campagne, mais que je reconnais désormais avoir toujours été présente dans les villes aussi, en dépit d'apparences contraires, comme si sa démultiplication par le nombre camouflait son étrangeté ou ses aberrations, peut-être aussi parce que revêtue d'oripeaux culturels analogues (en fait, je constate en ce moment même que c'est tout à fait similaire à l'idée qui sous-tend votre "Pour se sentir unis, les Français doivent penser pareil").

Ce qu'il peut être long le chemin qui nous mène ou nous ramène à la radicalité de ce qui nous constitue, humains, et qui donc nous unit... Tous ces leurres dont il faut se dépouiller, et tous ces nœuds pour lesquels trop manquent tant et toujours d'outils pour les dissoudre.

"En France, globalement, la liberté est restée mal comprise, et regardée d'abord comme l'autorisation d'assouvir ses pulsions intimes sans égard pour la société" : pas qu'en France, non, vraiment pas qu'en France!

"A présent, il s'agit d'avoir foi en les capacités propres à l'être humain pour mettre fin à l'éducation vue comme endoctrinement" : je crains que la foi ne suffise pas, Ramiel, et le regrette, mais je crois qu'il faut en avoir fait l'expérience, ne serait-ce que par une étincelle - ces illuminations premières pouvant résister à bien des contrariétés (mais possiblement pas à toutes, selon l'état des choses).

Parvenir à illustrer ma parcelle de saisie de notre être-au-monde, voilà dans quels retranchements il me faut œuvrer (comme pour le gros œuvre et le petit œuvre, en construction). J'apprécie donc d'autant votre apport en l'espèce, puisqu'il me rapproche de son cerne. Ce dont je vous remercie.

Et très beau matin chez vous.


Marie Danielle

N.B. : qu'entendez-vous par " C'est que même si on avait limité la liberté à la vie culturelle, comme elle doit l'être"? Ça ne m'est pas clair.
Commentaire n° 1 posté par: marie danielle le 24/04/2007 - 05:58:25
"(en fait, je constate en ce moment même que c'est tout à fait similaire à l'idée qui sous-tend votre "Pour se sentir unis, les Français doivent penser pareil")."

Pour aller au bout de mon idée, c'est que l'être humain ayant besoin de se sentir rassuré, la similarité tient souvent lieu d'une unité parce que l'on croit, faussement, qu'elle nous dote d'un caractère de normalité du même coup. Ah quel sérail! a écrit Char...
Commentaire n° 2 posté par: marie danielle le 24/04/2007 - 06:05:14

Eh bien, selon moi, la liberté est illimitée dans le domaine culturel, qui est celui de l'âme individuelle qui se nourrit et se développe, et un leurre le reste du temps. L'action peut être libre, bien sûr, mais dans la mesure où elle reçoit la teinte d'une vie culturelle libre et développée. En fait, on ne décide pas librement de ses désirs. Sur ce point, je suis d'accord avec le naturalisme.


Je crois, par ailleurs, que le besoin de penser pareil que les autres est quand même assez typiquement occidental, et hérité du catholicisme. Il n'y a pas de dogme clair au sein de l'Islam, encore moins dans l'Hindouisme ou le Bouddhisme. Le monde entier a reçu l'empreinte de l'ancienne Rome, mais cela vient quand même essentiellement de là, à mon avis. Même chez les Israélites, il existait des discussions avec des gens qui ne croyaient pas à une vie après la mort ; les rabbins voulaient qu'on y croie, bien sûr, mais ceux qui n'y croyaient pas, les hérétiques, n'étaient pas nécessairement punis par la loi, comme cela fut le cas chez les Romains, de par la volonté de l'Empereur.


Sinon, je vous remercie, Marie-Danielle, de vos compliments. Je me demandais pourquoi personne ne réagissait à cet article. Tout le monde suit les élections avec passion ! Mais je crois que le score de M. Sarkozy en a déprimé quelques-uns, qui pensaient que M. Chirac l'avait emporté, en 2002, d'une manière un peu illicite. Or, le peuple vote réellement à droite, même quand il ne vote pas pour des extrêmes. La gauche ne séduit plus les couches populaires traditionnelles.


Pour l'expérience de la pédagogie libre, je pense que tout le monde la fait, mais qu'on n'en mesure pas l'importance, souvent : on croit que c'est secondaire et illusoire, et que ce qui compte vraiment, c'est ce qui est conforme à la tradition, ce qu'on a toujours pratiqué. C'est donc aussi une question de foi, ô Marie-Danielle !


Pour ce qui est de vos progressions, évidemment, c'est toujours difficile. Moi-même, je n'ai jamais progressé que très lentement. Il faut être à la fois patient et déterminé. Il faut avoir foi, en quelque sorte !


A bientôt. (Demain, un article sur le compositeur Michael Nyman.)

Commentaire n° 3 posté par: Ramiel(site web) le 24/04/2007 - 07:38:08
(Pour ce qui est de faire sciemment quelque chose, je ne pense pas qu'on puisse l'attribuer à une collectivité, qui n'a ni crâne ni cerveau qui lui soient propres ; il faudrait trouver celui qui a eu assez de pouvoir pour que cela arrive conformément à ses vues : Napoléon, peut-être. Sinon, l'atavisme l'a emporté inconsciemment, et on s'est contenté des apparences du changement : on a surtout voulu ne pas faire l'effort de réfléchir en profondeur et de manière suivie, je suppose.)
Commentaire n° 4 posté par: Ramiel(site web) le 24/04/2007 - 07:57:07
Je saisis mieux votre pensée, quant à la liberté. Le naturalisme, c'est vrai également pour les pensées, pas que les désirs, non? On ne peut jamais que les diriger, tous, et encore, c'est parfois bien ardu.

Évidemment, je ne possède pas votre savoir, en fait d'histoire, à propos de Rome et de son legs ayant façonné l'Occident, mais ce besoin de penser pareil ne me semble toutefois pas étranger, par exemple, à la Chine (au moins sous Mao?), où mêle-je les pinceaux?

Moi aussi, je me demande pourquoi on ne réagit pas plus à votre article, ou à d'autres, même. Celui-ci, en particulier, parce qu'il vise au fondamental, tant pour les individus que la société qu'ils composent. Je songe aussi à celui où vous disiez que des confrères de l'enseignement semblaient être demeurés passablement indifférents à vos idées. Peut-être vous faudrait-il vous lancer en politique? (je le dis moitié avec sérieux, moitié à la blague...)

Permettez que je rediscute de ladite foi par devers l'importance de l'expérience de pédagogie libre : je serais plutôt encline à penser que la conformité à la tradition est souvent due à la force d'inertie. Vous me répliquerez que la foi soulève les montagnes et que donc... Nah, moi je vous dis que c'est mathématique et rationnel : l'étincelle contient en elle-même une force centrifuge qui, elle, peut soulever des montagnes si on ne la laisse pas brûler en vain jusqu'à s'éteindre. Ensuite, ce n'est pas la foi, mais la raison qui, nourrie de la force vibratoire de l'étincelle, soutient notre poursuite sur sa lancée. Et toc. Mais, oui, mais oui, Rrraminourrs, l'étincelle, elle, est spirituellllllle.

Je savais l'emploi du terme sciemment inadéquat, mais je ne trouvais pas rapidement à dire autrement et mieux. En fait, je me demandais si cette prorogation française de philosophie fondamentale avait découlé d'une réflexion  plus circonscrite en amont, ou d'un simple rejet de certains aspects doctrinaux religieux.

Sinon, pensée aussi impromptue et intempestive qu'espiègle : si ce n'était de votre foi, je croirais que vous êtes Onfray! Onfray qui testerait son succès hors son illustre réputation, vous voyez? (Et pis, comment elles font pour se préserver une vie, les personnalités, en cette époque où tout le monde veut plus que son 15 minutes de gloire, hein? Ce doit être particulièrement dur pour eux d'avoir de véritables relations désintéressées! Ah je compatis!!)

Ha ha. Oh, vous fâchez pas, Raminours, ou plutôt si, fâchez-vous, ça vous fera un petit teint rosé, ce que je trouve toujours ravissant...
Commentaire n° 5 posté par: marie danielle le 24/04/2007 - 20:16:55

Et la fumée qui sort des oreilles, vous aimez aussi ? Les yeux qui lancent des éclairs ?


Je ne crois pas que les pensées soient dirigées par la nature, mais bien par l'esprit : la raison, si vous voulez.


Au contraire, je crois que c'est la foi qui permet aux étincelles de créer les brasiers, et non la raison. La foi, c'est le souffle.


La raison permet seulement de diriger un feu déjà créé. Cela veut dire que si les pensées sont dirigées par la raison, leur substance est faite d'âme, bien sûr : pour moi, à l'origine, une pensée n'est qu'un sentiment, jusqu'à ce que la raison agisse. Dès lors, le sentiment devient une pensée.


Pour mon absence de succès, je reste persuadé que c'est dû à mon mysticisme affiché, en plus, éventuellement, d'un certain manque de talent. Mais globalement, on admet que mon défaut est mon goût pour l'ésotérisme. L'autre jour, le quotidien régional a parlé de mon recueil de vers, et en a dit du bien, sur la forme, mais a implicitement porté un jugement moral négatif sur le fond : selon l'article, je poursuis des chimères. Or, mes vers sont plutôt conçus comme étant initiatiques : ils sont censés aller à la rencontre du monde de l'esprit. On me répond indirectement que c'est un leurre, et une mauvaise voie. On n'en a d'ailleurs pas de preuve : on le dit, comme si c'était évident, parce que le dogme le commande ainsi !


Tout cela relève de l'atavisme. Ensuite, selon les temps, les grands hommes qui ont paru, on peut changer de dogme : oui, c'est possible. Le catholicisme s'est quand même bâti sur le rejet du paganisme, en partie. Il a fallu construire une doctrine claire et nette pour rejeter ce qui n'y entrait pas. Or, je cite assez souvent les éléments de la mythologie antique pour qu'on s'aperçoive que je n'ai pas envie de poursuivre dans le même sens, bien que je ne conteste pas forcément, en réalité, la légitimité de l'avoir fait au temps de saint Augustin.

Commentaire n° 6 posté par: Ramiel(site web) le 25/04/2007 - 07:43:38
Le quotidien régional Le Dauphiné libéré, celui qu'on achète en Haute-Savoie, je voulais dire.
Commentaire n° 7 posté par: Ramiel(site web) le 25/04/2007 - 07:46:58
Ah, les fessées virtuelles, c'est bien aussi, Ramiel!

Sinon, ce qu'il y a, c'est que d'aucuns diront que l'activité neuronale est naturelle, et là je connais maintenant votre point de vue pour l'avoir lu il n'y a pas si longtemps, et me rangeant assez à votre côté, au final; je reprendrai donc ce que j'avais dit en essayant de traduire plus justement l'idée pas très nette que j'avais : des désirs et des iidées nous venant bien involontairement, en cela je les voyais du ressort de la nature.

Ensuite, ce qu'il y a, c'est que je m'adonne à ces discussions sans avoir au préalable effectué la lecture d'un corpus de penseurs et ne pouvant donc pas y référer, ce qui est souvent reçu comme ridicule ou naïf ou que sais-je encore, par bon nombre de personnes aux yeux de qui je ne devrais pas même m'autoriser de les aborder, et encore moins les embêter de ce que sont - à leurs yeux, toujours - mes insignifiances. Alors, je prends des coups, ou suis ignorée, mais ça me permet d'autant mieux de voir à quel point beaucoup s'asseoient sur leurs privilèges et combine beaucoup d'autres ne font que frayer dans un monde déjà tout pensé pour eux.

Sinon, Ramiel, je peux imaginer que cela pourrait être tout simplement embêtant et agaçant pour vous d'avoir revenir sur vos dires ou à les clarifier vis-à-vis de moi, mais j'apprécie énormément que vous sachiez vous montrer dans des dispositions autres que celles évoquées ci-avant. Et il en faut des comme vous pour les rencontrer sur leur terrain. Ce qui ne veut pas dire que mes interventions soient systématiquement des coups d'épées dans l'eau par devers eux. En tout cas, il m'arrive à moi de profiter de cet exercice contre eux.

À part cela, je crois bien que je manque de souffle (foi). Mais j'ai observé avoir souvent fait plus avec la raison qu'avec la foi. Il se pourrait que j'aie confondu sentiment et foi, alors, ou encore, ou parfois. Mais cette confusion ne m'est vraiment pas exclusive.
Commentaire n° 8 posté par: marie danielle le 25/04/2007 - 17:43:52

Mais la foi est bien un sentiment : c'est un sentiment d'adhésion à une idée, ou à une doctrine. Le sentiment est réellement dans le souffle, ou les poumons, si vous voulez.


Enfin, sur toutes ces matières qui ont trait à l'esprit, vous savez, on confond en général tout, on ne démêle rien. Il n'y a guère que les Allemands (comme Hegel) qui aient su bien parler de la sphère intérieure.


Il y a des idées qui viennent avec les sentiments et donc la nature, c'est vrai ; mais avoir des idées, et les aimer, ce n'est pas penser : c'est avoir un sentiment en faveur d'idées. Une idée doit au départ être pensée ; mais sinon, il suffit de la comprendre, et d'y adhérer. La pensée est ce qui crée l'idée. Ensuite, l'entendement suffit.


Or, la nature peut livrer une idée venue de l'extérieur (déjà pensée par un autre), qui est comprise par l'entendement, sans effort particulier, et la nature peut effectivement susciter une adhésion en sa faveur.


Mais déjà, l'entendement sort de la nature. C'est le début de la pensée. Cependant, c'est une pensée plutôt passive, encore enfouie dans la nature, qui ne fait que surnager. Ensuite, créer une idée, c'est penser activement. Le modèle peut en être Descartes, par exemple. Cela, on pourrait dire, c'est marcher sur l'eau ! C'est quand on crée de nouveaux concepts. On a admiré la philosophie allemande parce qu'on a précisément eu l'impression qu'elle en avait créé. Mais Descartes, Voltaire, Rousseau, aussi, avant les Allemands. Et dans l'Antiquité, Platon, Aristote. C'est la différence avec quelqu'un comme Cicéron, qui a plus réfléchi que véritablement pensé. Il y a différents degrés. Mais en soi, la raison doit commander aux idées ; si elle ne le fait pas, les idées sont la proie des passions,  comme on disait autrefois : la pensée est alors noyée, si vous voulez.

Commentaire n° 9 posté par: Ramiel(site web) le 25/04/2007 - 20:12:10
C'est vraiment chouette de savoir que je suis nombreuse à confondre, en matière de sphère intérieure, puisque des Hegel, ça ne pleut pas.

Vous savez, Ramiel, si vous lire est parfois exigeant, c'est surtout fort agréable, assez souvent, parce que "ça coule de source", et donc désaltère (ce qui est peut-être encore plus miraculeux que de marcher sur l'eau...?). Avec une pointe de fraîcheur qui étonne occasionnellement. Je serais curieuse de pouvoir faire le petit oiseau et d'aller vous regarder faire la classe, tiens.

Je ne sais pas trop lequel des deux je parviendrai à faire, mais je tenterai de penser ou à réfléchir à cette juste différence que vous avez introduite entre les deux termes. Ainsi je penserai à vous sans y réfléchir! Ave, Ramiel...
Commentaire n° 10 posté par: marie danielle le 28/04/2007 - 02:39:44
Venez donc, ô petit oiseau ! Glissez en esprit sur les vents sidéraux, et placez votre conscience dans mon humble domaine : vous verrez. Ensuite, revenue dans votre corps, vous pourrez y repenser, et même réfléchir à ceci ou à cela que vous aurez vu.
Commentaire n° 11 posté par: Ramiel(site web) le 28/04/2007 - 07:55:35
(Mais je ne pense pas que désaltérer soit plus miraculeux que marcher sur l'eau : ne rabaissez pas les plus saints mystères, ô joyeuse hirondelle !)
Commentaire n° 12 posté par: Ramiel(site web) le 28/04/2007 - 07:57:37
C'est-à-dire, Ramiel, que ça n'est pas pour les rabaisser, et je crains que mes pirouettes ne heurtent parfois quelque esprit - dont le vôtre, qui m'est cher -, mais mon regard sur ces saints mystères et sur les Livres saints diffère de celui que vous leur portez. Je souhaite ne pas blesser les êtres et trouve un caractère sacré è la vie que je reconnais présent dans la Bible, par exemple, mais, et bien que je tiens les paroles de Jésus en haute considération, j'en suis actuellement, et depuis un long moment déjà, à les voir comme un récit de l'Histoire d'un pan de l'humanité. Mais un récit puissant, empli du Sacré, son Essence pouvant opérer de grandes œuvres en nos cœurs, mais je n'adhère pas pour autant aux échafaudages dudit discours qu'en ont fait les hommes. Et tous les livres bibliques ont été écrits par des hommes (si au moins y avait eu des femmes! .-) )

Et puis, j'aime bien faire ma saint-Thomas, alors je crois en ce que je vois, et puisque vous m'avez désaltérée...
Commentaire n° 13 posté par: marie danielle le 28/04/2007 - 16:18:10

Mais vous n'avez jamais vu de cygne courir sur l'eau ? Et vous avez déjà vu Jésus marcher sur la terre ? L'histoire de Jésus n'a jamais été connue qu'à travers un récit contenant l'épisode du pas posé sur l'eau, vous savez. Aucune histoire de Jésus n'existe, qui ne la contienne pas. Même les historiens contemporains ne parlent pas de Jésus du tout. Il n'y a donc pas de Jésus qui ne marche pas sur l'eau, on pourrait dire : c'est un mythe. Il a été créé de toutes pièces par les historiens du XIXe siècle ! (En particulier, Renan.)

Commentaire n° 14 posté par: Ramiel(site web) le 28/04/2007 - 18:01:40
Des cygnes, j'en ai surtout vu qui flottaient sur l'eau, ce qui leur est propre (mais pas moins merveilleux), et j'en ai vus en rêves, alors qu'avec vous, c'est le ballet des signes! (mais aussi parce que vous leur avez donné un sapré coup de balai au passage...)

Maintenant, vous en avez trop dit, et pas assez : je réclame une note sur ce particulier de Renan!
Commentaire n° 15 posté par: marie danielle le 28/04/2007 - 23:14:39

Oh, je ne l'ai pas vraiment lu. Je sais seulement qu'il était de l'école positive, et le prophète du scientisme, et qu'il a évoqué Jésus en essayant de recréer le contexte historique de sa vie, de représenter d'une manière réaliste le monde dans lequel il vivait.


Pour les cygnes, je voulais dire, quand ils essayent de s'envoler, ils courent sur l'eau.

Commentaire n° 16 posté par: Ramiel(site web) le 29/04/2007 - 05:53:01
Seriez-vous en train d'insinuer que Descartes avait les pieds palmés??

Je vous offre un superbe coup d'aile ivre :
http://lavoixdelacarpe.blogspot.com/2005/07/coup-daile-ivre.html
Commentaire n° 17 posté par: marie danielle le 29/04/2007 - 06:42:55

Merci, Marie Danielle !


Vous avez combien de blogs, en tout ?

Commentaire n° 18 posté par: Ramiel(site web) le 29/04/2007 - 08:21:08
Je ne les compte plus!

J'aurais voulu être une artiste...

Et peindre des tableaux, ou faire les décors, au théâtre. Alors je le fais en blogs.
Commentaire n° 19 posté par: marie danielle le 29/04/2007 - 16:50:16

C'est un peu comme moi ; j'aurais voulu faire des livres, et je dois me contenter de blogs.


Au fait, vous l'avez reçu, Poésies d'Ombre pâle ?

Commentaire n° 20 posté par: Ramiel(site web) le 29/04/2007 - 17:43:59
Commentaire n° 21 posté par: buy valium(site web) le 02/05/2007 - 15:56:51
Commentaire n° 22 posté par: cialis(site web) le 02/05/2007 - 15:57:43
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