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Dimanche 03 Juin 2007

Cela fait déjà quelque temps que je m'intéresse aux productions du compositeur Philip Glass. De lui, je ne sais rien, sinon qu'il est regardé en Amérique comme l'un des compositeurs les plus originaux de sa génération.

J'ai d'abord appris son existence à l'époque où j'adorais David Bowie. J'avais acheté, du célèbre chansonnier, un disque constitué de partitions purement instrumentales, qui se terminait précisément par un magnifique morceau qui n'était qu'un développement, par Philip Glass, d'un thème imaginé par Bowie. C'était envolé, grandiose, lyrique, et je voyais comme de grandes bourrasques blanches emplir une terre immense, des vents d'albâtre s'engouffrer dans de gigantesques cités de verre. Il y avait des parois, et elles s'ouvraient, et des champs d'astres se dévoilaient soudain : les esprits faisaient résonner leurs voix enflammées.

Plus tard, j'ai acheté tout un disque, de Philip Glass : la bande musicale de Kundun, de Scorsese. Je l'ai achetée parce que je me souvenais que c'était une des plus grandes réussites du film : sa musique. Elle était ample, solennelle, pathétique, enflammée, elle aussi, et en même temps très inspirée par la musique tibétaine, dont elle reprenait certains instruments. J'ai alors appris que Glass était lui-même adepte du bouddhisme tibétain, et en écoutant cette bande originale, j'ai été bouleversé : j'ai vraiment eu envie de me convertir moi aussi à cette religion ! On avait le sentiment d'être emporté, sur des ondes sonores, des rivières infinies dont le cours eût remonté le ciel, au sein de sphères mystiques, pleines de divinités grandioses, mais effrayantes, de figures hiératiques, de royaumes et de palais somptueux, pleins de dignité, augustes, inquiétants, contenant des trônes d'or sur lesquels eussent été assis des êtres silencieux et graves. C'était magnifique, et les instruments tibétains à eux seuls emmenaient l'âme sous les montagnes de l'Himalaya, à la découverte des anges terrestres que le temps n'atteint pas et que les Tibétains adorent en secret : car là, dans la grande grotte qui s'étend sous ces sommets à la façon d'un tombeau antique, d'un sanctuaire de géants, est la porte des cieux, le seuil cosmique de l'univers astral !

Et encore plus tard, j'ai voulu acheter d'autres disques de Philip Glass, et j'ai trouvé la bande musicale d'un film que je n'ai pas du tout vu, The Illusionist : je n'en avais même pas entendu parler. Mais la présentation du disque en reproduisait l'affiche, et c'était joli et suggestif, car il s'agissait d'un magicien qui tenait une boule luisante et qui était habillé comme on l'était il y a cent ans environ ; le court résumé que contenait ce livret de présentation mentionnait Vienne et l'empire autrichien. La musique en est, comme d'habitude chez Glass, très émouvante, d'un puissant pathos, dans le bon sens du terme, et contient toujours la marque qui est propre au compositeur, des sortes d'ondulations sonores traversées d'envolées amples et grandioses, comme si un souffle lancinant emportait vers des mondes différents, plus beaux, plus anciens, pleins de magie (justement) et de poésie, vers une époque où les illusionnistes n'étaient pas seulement de fins techniciens, mais de vrais mages, des êtres qui avaient percé d'authentiques secrets, au sein de l'univers.

Dans ce temps révolu, on entre progressivement, avec la musique de Glass, grâce à ce système d'ondulations sonores, qui sont vaguement hypnotiques. Elles instaurent une solennité rythmique, comme au sein d'un rituel, d'une liturgie. Les violons expriment des sentiments d'espoir, du lyrisme, mais aussi une tonalité élégiaque, en réalité : le monde paraît triste. Comme résigné au malheur. C'est une vision romantique et belle de la fatalité. Car le destin contient plus qu'il n'y paraît...
J'aime Philip Glass. Il fait de la musique à la fois mélodique et mystique - moderne, mais pas expérimentale : il exprime au mieux des sentiments forts et venus de très loin, ainsi, selon moi, que doivent le faire les artistes, ainsi que le font à mes yeux les plus vrais d'entre eux.

publié par Ramiel dans: ramiel.fr
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Commentaires

Je ne connaissais pas Philippe Glass, vous donnez envie de l'écouter, je vais aller voir à la médiathèque si il ont des titres.


 

Commentaire n° 1 posté par: bernard le 05/06/2007 - 19:15:22

Vous me direz ce que vous en avez pensé !

Commentaire n° 2 posté par: Ramiel(site web) le 05/06/2007 - 20:02:29

Téléchargé quelques titres sur I Tunes mais il n'y a pas grand chose , c'est effectivement c'est pas mal du tout.


Je vais aller chercher un album (il y en une belle volée  dans sa discographie, notamment des musiques pour accompagner du théâtre semble-t-il).


Bon weekend, c'est mon tour de voter ce 10 juin.


 


 


 

Commentaire n° 3 posté par: Bernard le 07/06/2007 - 22:56:21

Bon week-end !


P. Glass a aussi composé la musique du film Hours, qui retrace la vie de V. Woolf, je crois. Je me l'achèterai sûrement.

Commentaire n° 4 posté par: Ramiel(site web) le 08/06/2007 - 07:14:09

Ah bon,


j'ai trouvé le scénario de ce film exeptionnel, sans compter la performance de Nicole Kidman, mais je n'avais pas noté à l'époque le nom du compositeur de la bo du film.


C'est une bonne idée, je vais aller au vidéoclub aussi.

Commentaire n° 5 posté par: bernard le 08/06/2007 - 10:35:13

Un blog que l'on peut butiner ce n'est pas si fréquent


Quant à Philip Glass, il a été associé au spectacle de Bob Wilson l'inoubliable Einstein on the beach créé au festival d'Avignon Spectacle total où la musique répétitive jouée en public était en relation ave le théâtre de Bob Wilson la danse de Lucinda Childs et les décors d'un artiste hollandais je crois dont internet vous donnera les précisions...Cherchez les références et si vous trouvez quelques extraits balladez-vous avec Einstein sur la plage

Commentaire n° 6 posté par: jjd(site web) le 03/11/2007 - 18:57:11
Merci du renseignement, JJD !
Commentaire n° 7 posté par: Ramiel(site web) le 04/11/2007 - 20:00:03
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