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Lundi 09 Juillet 2007

Durant l'année scolaire qui vient de s'écouler, avec mes élèves, dans le cadre de l'étude de la poésie engagée, j'ai regardé de près un poème d'Aimé Césaire qui était dans le manuel choisi dans mon Collège par les enseignants : c'est celui qui commence par Les Blancs disent. On y trouve des choses vraiment remarquables, en plus d'un beau style, imagé et ample, lyrique, en même temps qu'acerbe, semblable à une tige de fer vivante qui d'elle-même piquerait son ennemi : l'esclavagisme.

Et ces choses remarquables sont dominées par la volonté du poète de distinguer ce qui a été tiré par les Blancs, à leur profit, de la religion chrétienne, et la religion en elle-même, ou, mieux encore, de la divinité telle que la religion chrétienne la représente. Car d'un côté, Césaire critique d'une façon acerbe la façon dont les Européens ont interprété la Bible pour justifier l'esclavage des Noirs, mais de l'autre, il place, parmi des déchirements de nuages, au fond d'un horizon qui recule indéfiniment, tout en s'élargissant, la fulgurance d'un signe.

Ce signe, apparemment semblable à un trait soudain de lumière, représente la liberté future, celle que veut Dieu, l'abolition de l'esclavage, l'égalité universelle. Il pétrifie la vieille négritude, la cadavérise, et l'empêche, ainsi, d'agir (c'est l'image honteuse et insultante que les Blancs se faisaient des Noirs, et qui les justifiait d'en faire leurs esclaves).

Comme émanée de ce démoniaque spectre, la troupe des navires négriers fait figure de troupeau de monstres des mers, qui transportaient dans leurs entrailles les esclaves. Mais ils se brisent aussi, comme sous le coup de la foudre venue du ciel - du fond de l'horizon immense.

Le poème a donc un fond épique et prophétique, qui n'est pas sans rappeler la poésie romantique, celle de Vigny, par exemple. Or, c'est une idée vraiment moderne de la divinité, de la voir comme réalisant la liberté, l'égalité et la fraternité, et non comme accomplissant le moindre des désirs d'une nation, ou d'une lignée. Teilhard de Chardin, en estimant, en réalité, que la force divine d'Evolution faisait se converger entre elles les nations, en les combinant, et en créant de ce fait les conditions d'un nouvel état de conscience, plus digne des anges, pour ainsi dire, ne voyait pas les choses différemment.

L'horizon qui s'élargit, c'est aussi le monde qui devient plus vaste, plus uni, et une humanité qui se transcende en elle-même en fusionnant. Devenue une seule communauté consciente d'elle-même par des rapports plus étroits et une égalité juridique rigoureuse entre tous ses membres, elle acquiert la connaissance universelle, et reprend contact directement avec Dieu. On sait, en effet, que pour Teilhard de Chardin, les figures spirituelles (les anges, par exemple) ne renvoyaient pas tant au passé qu'à l'avenir : ce sont les hommes futurs, qui seront parvenus à se placer dans la lumière de Dieu grâce à des échanges réalisés en profondeur entre tous, créant une nouvelle conscience planétaire.

Indubitablement, Césaire a eu accès à une vérité moderne authentique. Sans liberté, sans égalité et sans fraternité, l'être humain ne se transcendera pas lui-même, ne passera pas un seuil supplémentaire d'Evolution. La voie peut être étroite ; Césaire la pense large, parce que l'abolition de l'esclavage fut saisie dans un grand mouvement d'émancipation. C'est à dire qu'actuellement, elle paraît se rétrécir : les nationalismes resurgissent. Mais en fait, une fois passée la faille, même étroite, il ne faut pas douter que l'horizon ne devienne immense, comme le prévoyait Césaire !

publié par Ramiel dans: ramiel.fr
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Commentaires

Cher Ramiel,

Comme vous le voyez, je me suis provisoirement éloigné du blog d'Assouline. J'en avais un peu ma claque de cette volière, car à part vos interventions, celles d'israel, et de TKT, et celles de Sandgirl, je commençais un peu à me faire tartir. Et puis, je suis en plein dans "CHOSES VUES". Le second volume, 1848-1849 est une merveille.
Vous connaissez, évidemment. on dira ce qu'on veut mais le père Hugo, "le grand crocodile" comme l'appelaient affectueusement Flaubert et Sand, c'est un sacré type.

Enfin , je reviendrai semer ma zone d'ici peu, mais croyez-moi, c'est bien de prendre du champ....la volière, ça use.

J'avais une question à vous poser: l'ARPITAN, le franco-provençal, vous connaissez évidemment. Alors serez-vous assez aimable de me dire pourquoi on le parle dans un petit coin des pouilles (pas de contrepêtrie, non mais!!) dans la région de Foggia?????

Merci, Ramiel et à bientôt.
Commentaire n° 1 posté par: montaigneàcheval le 10/07/2007 - 17:56:48

Je n'en sais rien. Je ne savais même pas qu'on le parlait dans les Pouilles. En principe, on parle le francoprovençal dans les parties de l'Empire romain occupées par les Burgondes, qui se sont d'abord installés sur le territoire du royaume défunt des Allobroges. Cela peut vouloir dire qu'il y a eu des colonies ici ou là. Un peu comme Bordeaux était une colonie de Bituriges, les Celtes de Bourges et du Berry, en pays vascon !


Sinon, les Choses vues, j'en ai lu l'édition, que je crois élaguée, parue dans la collection "Folio" : c'est vrai que c'était sublime. Moi, je lis Jocelyn, de Lamartine, en ce moment : un peu moins inspiré, à mon avis, mais quand même bien écrit et plein de sentiments beaux et généreux. Il y a des anges partout, mais ils restent dans le ciel : c'est un peu conventionnel. On dirait des tableaux de Girodet ou d'Ingres. Cela a quand même de la noblesse et de la grandeur.

Commentaire n° 2 posté par: Ramiel(site web) le 10/07/2007 - 18:30:13

Aire de diffusion du francoprovençal [modifier]



L'aire francoprovençale
L'aire francoprovençale [12]



L'aire francoprovençale est délimitée, inclusivement, par les régions suivantes (dans le sens des aiguilles d'une montre) :



en France [modifier]



Note : Ce n'est que la partie Nord du Dauphiné qui est dans la zone francoprovençale. Les départements de la Drôme et des Hautes-Alpes sont occitans ( sauf le nord de la Drôme ). La majeure partie de l'Isère est francoprovençale. Une description extrêmement précise de la frontière entre occitan et francoprovençal (avec carte) se trouve chez Tuaillon 1964.


  • selon la dialectologue comtoise Colette Dondaine, il est vraisemblable qu'à l'origine (avant l'apparition des premiers textes littéraires), l'actuelle Franche-Comté, jusqu'aux pieds des Vosges, ait également fait partie de l'espace francoprovençal.



en Suisse [modifier]



  • tout l'espace romand, à l'exception du canton du Jura et du district de Moutier, canton de Berne, qui font partie des parlers d'oïl.



en Italie [modifier]



Ala di Stura, Almese, Alpette, Avigliana/Veillane, Balme/Barmes, Borgone Susa/Bourgon, Bruzolo, Bussoleno/Bussolin, Cantoira/Cantoire, Caprie, Carema/Carême, Castagnole Piemonte, Ceres/Cérès, Ceresole Reale/Cérisoles, Chialamberto/Chalambert, Chianocco/Chanoux, Chiusa di San Michele/L'Ecluse, Coassolo Torinese, Coazze/Couasse, Condove/Condoue, Corio/Cory , Frassinetto/Frassinet, Germagnano/Saint-Germain, Giaglione/Jaillons, Giaveno/Javein, Gravere/Gravière, Groscavallo/Groscaval, Ingria, Lanzo Torinese/Lans-L'hermitage, Lemie, Locana, Mattie, Meana di Susa/Méans, Mezzenile/Mesnil, Mompantero/Montpantier, Moncalieri/Moncallier, Monastero di Lanzo/Moutiers, Moncenisio/Montcenis, Noasca, Novalesa/Novalaise, Pessinetto/Pessinet, Pont-Canavese/Pont-en-Canavais, Quincinetto, Ribordone/Ribardon, Ronco Canavese/Ronc, Rubiana/Rubiane, San Didero/Saint Didier, San Giorio di Susa/Saint-Joire, Sant'Ambrogio di Torino/Saint-Ambroise, Sant'Antonino di Susa/Saint-Antonin, Sparone/Esparon, Susa/Suse, Traversella/Traverselle, Traves/Travey, Usseglio/Ussel, Vaie/Vaye, Valchiusella/Chausselle, Valgioie/Valjoie, Valprato Soana/Valpré, Venaus/Vénaux, Villar Dora, Villar Focchiardo/Villar-Fouchard, Viù/Vieu.

+ une partie de la commune de Trana et le hameau de Grandubbione


Note : Les vallées plus méridionales (Haute vallée de Suse, Val du Cluson...) du Piémont parlent l'occitan.

Commentaire n° 3 posté par: montaigneàcheval le 11/07/2007 - 18:27:36

Oui, vous voyez, Montaigne, cela vient, pour les Pouilles, de colonies, si on peut dire : de populations déplacées originaires de l'aire francoprovençale générale.


Je crois que Tuaillon, néanmoins, reprend l'idée que la délimitation entre occitant et français dialectal vient des conquêtes successives des Romains. En ce cas, le francoprovençal s'explique plus par les Allobroges que par les Burgondes ; mais je n'y crois pas trop. De toutes façons, les Burgondes ont pensé s'installer chez les Allobroges, et même restaurer leur royaume.

Commentaire n° 4 posté par: Ramiel(site web) le 11/07/2007 - 18:46:54
Me revoici, ici, tel que promis. Au risque de vous causer un peu de peine, je vous avoue que je n'avais pas lu avec attention cette note-ci, mais les motifs qui l'expliquent n'ont rien à avoir avec son contenu, et je vous remercie de m'avoir posé cette question en commentaire sur votre note précédente, car je suis allée lire Les Blancs disent, et l'ai beaucoup goûté. Après avoir écrit mon dernier commentaire sur cette même précédente note, j'ai continué à songer à ce que j'avais dit, à propos du pays et de Léveillé (que je reprends ci-dessous, ça vous évitera d'aller y voir et c'est plus précis), me disant que mon évocation d'une vision intérieure n'était pas complète, que mon pays était notre terre (l'univers n'est pas inconsidéré, mais il m'échappe trop pour honnêtement avoir sa place dans mon imaginaire, et puis bon même si "je-ne-sais-pas", je dois admettre avoir un sentiment d'éternité qui fait aussi écho à l'immensité dans mon paysage personnel) et voilà que vous lisant, et Césaire, je me sens en correspondance.

Césaire me paraît avoir été un croyant assez libre, ne souscrivant pas à tous les dogmes et interdits d'une Église qui faillit souvent à ses devoirs de représentation... Car ce n'est pas parce que Jésus avait accusé les Pharisiens que pareille disposition intérieure s'est subtilisée magiquement, n'est-ce pas.Je supposerais qu'il s'est trouvé des chrétiens semblables à toutes les époques, ceux qui ont retenu que le royaume loué par Jésus n'était pas de ce monde, alors cette vision idéale de Teilhard et même la devise de la République française ne pourraient qu'en avoir été nourries.

Le texte de Césaire est d'une grande densité, il apparaît telle la synthèse d'une époque historique (dont les réalités ne nous sont pas tout à fait étrangères, pouvons-nous déplorer), mais dans un langage qui n'a pas perdu de sa sève, au contraire, dans le creuset de la vision analytique, parce que la chair et le cœur du poète étaient convoqués et qu'ils ont répondu : présent !

Mais, prenant connaissance du titre d'où provient cette poésie, Cahier d'un retour au pays natal, je me demande s'il n'y a pas de votre part une intention particulière de signalement à mon endroit, étant donné ce que j'ai déjà exprimé de la visée actuelle qui m'occupe et de la mobilisation que je cherche actuellement à opérer. Sinon, dites-moi, savez-vous si le titre annonce un trajet du même calibre et de même orientation que ce texte-là ? Biens sûr, je peux aller y voir moi-même, mais j'ai actuellement toute une pile de livres qui m'attendent. Et puis je tâtonne beaucoup, et si les dérives sont inévitables, ce processus demeure nécessaire, sans grand manitou pourdeviner pour soi ce qui vaudrait le mieux !

(désolée si ce commentaire n'était pas celui que vous attendiez, mais moi je ne le regrette pas !)

"Vous savez, Ramiel, quand Claude Léveillé chante "Mon pays, c'est grand à se taire", il est certain que cela évoque l'immensité de notre espace, mais cela résonne pour moi - et je suis persuadée que cela peut le faire chez bien d'autres qui ne sont pas d'ici - bien au-delà d'une géographie physique, mais en rejoins une, intérieure. Le grand art doit résider, je suppose, dans la conjonction de dimensions connexes ou parallèles... En même temps, s'il peut y avoir travail, en poésie, il y a aussi la poésie qui nous traverse : autrement dit, on ne commande pas tout. Mais on peut cultiver ces dispositions, peut-être."
Commentaire n° 5 posté par: marie danielle(site web) le 12/07/2007 - 23:10:15

Oui, vous l'avez dit, Marie Danielle : l'immensité du paysage canadien peut suggérer l'infini, par exemple. Mais si vous nommez l'infini, cela ne renvoie en fait à rien : c'est un simple concept, tout à fait creux. Si vous partez de ce concept, puis essayez de trouver une image pour l'illustrer, vous parlez par exemple des steppes russes, que vous n'avez jamais vues (ni moi non plus), et alors, on comprend bien ce que vous vouliez dire, mais en fait, cela ne résonne pas dans l'âme. Cela résonne dans l'âme si, à partir du sentiment réellement éprouvé à partir d'un paysage qu'on contemple concrètement, on parvient à cristalliser l'idée d'infini. Car la vérité est que, sur le plan intérieur, cela se passe ainsi : les concepts sont nés de cette façon, au cours de l'histoire. Un concept né de cette manière reste vivant, il parle ; un propos qui part d'un concept déjà créé et qui ne remonte pas à la source de l'expérience qui l'a vu naître - au sein d'un esprit lié à ses perceptions sensibles, comme l'est l'esprit humain -, eh bien, ce propos n'a rien de poétique, il est abstrait et creux, un peu comme les essais des philosophes contemporains dont les Français se gargarisent tant, parce qu'ils sont souvent français eux-mêmes ! Car un tel concept, transmis d'un cerveau à l'autre, sans passer par le sentiment - l'âme -, est tout simplement mort, comme un produit chimique obtenu par électrolyse. (Cela n'empêche pas les poètes contemporains d'en charger à l'excès leurs vers, soit dit en passant.)


Pour ce qui est de ma motivation, en ce qui concerne l'article sur Césaire, je crois que vous faites un peu erreur. S'il y a une stratégie, c'est qu'évidemment, je voulais aborder cette question de l'esclavagisme et du racisme, ce que j'avais peu fait auparavant. D'abord, il faut à mon propos général de la variété, et ne pas donner le sentiment de toujours traiter les mêmes sujets, ensuite, il faut essayer d'aborder les questions abordées en général dans le public, enfin, il faut montrer que l'universalisme n'est pas un vain mot, et qu'il ne vient pas, par exemple, de ce que je décrèterais que rien n'est plus universel que le patois savoyard, ou la littérature savoyarde de langue française (même), et que les Savoyards sont par essence des génies. Je n'y crois pas vraiment, même si j'ai bien connu des gens qui tendaient à le penser, et même si j'aime réellement et beaucoup et le patois savoyard, et la littérature savoyarde. L'universalisme entre forcément dans la logique propre aux Antilles. Du reste, vous pouvez vous sentir concernée à bon droit, car les Antilles sont bien américaines, tout en étant françaises : par elles, la France se relie au continent américain, autant que par la francophonie québécoise.

Commentaire n° 6 posté par: Ramiel(site web) le 13/07/2007 - 08:50:38
Parlant de steppes russes, avez-vous vu déjà le film Urga ? Sinon il faut trouver à le louer (moi-même je le remets en tête de liste à l'instant), c'est le poème des steppes mongoliennes.

Quand vous dites : "Car un tel concept, transmis d'un cerveau à l'autre, sans passer par le sentiment - l'âme -, est tout simplement mort, comme un produit chimique obtenu par électrolyse. (Cela n'empêche pas les poètes contemporains d'en charger à l'excès leurs vers, soit dit en passant.)"

... j'ai envie de répliquer : on ne peut pas donner ce qu'on n'a pas. Évidence. Enfin, cela signifie que le concept transmis sans sentiment a été reçu tel, et donc que le poète est lui-même relativement désincarné, mais le chemin de la poésie n'est-il pas lui-même un parcours initiatique pour celui qui s'y avance ? Mais il n'est pas moins justifié d'en signaler les dérives.

Pour votre note et Césaire, c'est le titre Cahier d'un retour au pays natal qui m'a fait vous prêter des intentions (je ne cherchais pas à la réduire qu'à ça, notez), puisque c'est un peu le sentiment que j'éprouve, que celui d'un retour, à vouloir jeter un regard plus attentif sur le territoire où je vis et les êtres qui l'habitent. À certains égards, je me sens le nez collé au ras des pâquerettes, alors qu'on observe bien chez vous qu'à la géographie de votre Savoie se sont juxaposées celles de la Fance et d'ailleurs, mais aussi que vous savez vous promener d'un plan à l'autre de ce qui constitue les vies humaines et le social, etc., et que rien n'est séparé, en vous, alors que notre époque produit et nourrit des clivages artificiels de toutes sortes.
Commentaire n° 7 posté par: marie danielle le 14/07/2007 - 19:07:20
Non, je n'ai pas vu "Urga". Un concept peut être transmis sans sentiment alors qu'il a été reçu avec les sentiments ardents du précédent instructeur : cela vient de l'individu, et non du concept même. Ensuite, personne n'est obligé de répéter un concept pour lequel, en ce qui le concerne, il n'éprouve rien. Pour les clivages artificiels que produit la pensée d'une époque, vous savez, personne n'est obligé de suivre la pensée d'une époque jusque dans ses défauts. Le matérialisme morcelle tout ; mais Baudelaire établissait des correspondances entre les choses, tout simplement parce qu'il y en a. Ce n'est pas la pensée sur les choses qui fait les choses mêmes. En tout cas, c'est mon avis !
Commentaire n° 8 posté par: Ramiel(site web) le 15/07/2007 - 08:02:56
Ah mais je suis bien de votre avis !

Sauf que ce n'est pas par obligation toujours que les gens font ce qu'ils font : c'est souvent par habitude incrustée, ou parce qu'ils n'imaginent pas que ce put être autrement.
Commentaire n° 9 posté par: marie danielle(site web) le 16/07/2007 - 21:19:41

Pour moi, l'être humain est libre, Marie Danielle, et donc, il porte la responsabilité de ne pas changer une habitude, si elle est mauvaise. J'admets les circonstances atténuantes ; pas l'absence de responsabilité. La tradition nationale elle-même explique, mais n'excuse pas, à mes yeux.


(Si l'être humain n'est pas libre, aucun concept n'a jamais pu être créé par lui, et donc, aucun n'est vivant : ce sont juste des contingences du cerveau. Auquel cas, ils n'ont aucune raison de correspondre à la réalité : ce ne sont que des leurres. Il devient donc mauvais de les répéter. Dans ce cas aussi, un concept auquel on ne croit pas peut être arrêté dans sa diffusion !)

Commentaire n° 10 posté par: Ramiel(site web) le 16/07/2007 - 22:05:55
No, no, no,no, Raminou, l'être humain n'est [naît] pas libre, il le devient (ou peut le devenir).

Vous ne me ferez pas croire que vous étiez, à la naissance, conscient de tout ? Non plus que, devenu conscient, vous êtes aussitôt devenu libre vis-à-vis ce qui vous aliénait. Tout ce qui s'enchevêtre en soi d'une Histoire, de son milieu et de ce qui nous constitue exige un travail pour accéder à une relative liberté, et encore faut-il qu'il y  ait eu un déclencheur qui vienne éveiller la conscience et une force qui accompagne pour la quête d'une issue.

Quant à la prise de responsabilité, je suis pour, en tout temps, mais alors il se trouve qu'un individu ayant commis un acte n'est pas toujours seul responsable, sauf que ce sera sur lui qu'on s'acharnera pour "rétablir" la justice. Par contre, je pense qu'il y a des dérives, à notre époque : en certains cas, exonérer de toute responsabilité est aberration : si je fais quelque chose, ce n'est quand même pas le voisin qui le fait à ma place. Les applications de la justice demurent souvent discutables, mais c'est là un autre sujet.

(votre nouvelle note, Laïcité et communautarisme, est extrêmement intéressante, mais comme souvent, vous commenter exige de justes dispositions : alors plus tard ce soir ou demain, peut-être. Et beaux rêves.)
Commentaire n° 11 posté par: marie danielle le 16/07/2007 - 23:44:45

L'être humain n'est pas libre avant d'être complètement formé ; mais c'est la nature qui le forme, et la liberté de l'être humain vient, par conséquent, de sa nature même. Il n'est pas vrai qu'un adulte qui n'aurait pas reçu une éducation spéciale ne deviendrait pas lui aussi un adulte à part entière. Le droit moderne est fondé à juste titre sur la liberté individuelle des personnes ayant atteint leur majorité, c'est à dire un certain nombre d'années de vie et de croissance, et non un certain nombre de diplômes.


L'hypocrisie est que, dans le monde du travail, ceux qui n'ont pas de diplôme suffisant ne peuvent pas exercer leur liberté d'adultes : on les asservit par la menace du dénuement, comme je l'ai déjà dit à propos des "Machines à construire". Le système est en retard, à cet égard, sur les principes fondamentaux du droit.

Commentaire n° 12 posté par: Ramiel(site web) le 17/07/2007 - 08:16:46
Pourquoi parlez-vous de diplômes, Ramiel ?

Peut-être est-ce que, avec la maturité physique, devrait s'ensuivre un apprentissage de la liberté personnelle, mais le temps de la croissance est souvent contraint, vous devez bien le savoir et le voir, en enseignant. L'âge de la majorité officielle n'est pas le même partout, mais l'écart ne révèle rien de si particulier. Par contre, il y a une quinzaine d'années, on disait que l'on devenait réellement adulte autour de 30 ans, et actuellement on parle de 40 ans. Si le droit maintient justement le cap autour de 18-21 ans, l'écart entre les âges pour l'un de maturité physique et pour l'autre de maturité "psychique" doit bien refléter quelque chose qui se répercute sur la prise de responsabilité concrètement.

Je crois que  cela va au-delà du seul monde du travail, cette oppression de la liberté des individus. Vous le savez bien que les détenteurs de pouvoir ont de tout temps cherché à maintenir dans l'ignorance les peuples, ce qui s'est décliné à divers degrés, selon les époques, les pays ou les gouvernants, allant jusqu'à les aliéner dans toutes les sphères de la vie parfois. Et cela se "transmet" souvent de génération en génération. Hors on ne peut tenir pour pleinement responsable qui on a spolié de/dans ses droits, en tout ou en partie.
Commentaire n° 13 posté par: marie danielle le 19/07/2007 - 15:31:51

Pour moi, Marie Danielle, il n'y a aucune solution de continuité entre le physique et le psychique. Ce qui rend l'homme libre et doué d'un esprit, ce n'est pas un accident inexplicable, ou un miracle éblouissant, mais simplement la constitution physique de l'être humain.


Si réellement les hommes de pouvoir n'avaient jamais été que des égoïstes, aucun progrès social n'aurait jamais été réalisé. Car même lorsque les esclaves ont pris le pouvoir, en ce cas, une fois qu'ils ont eu le pouvoir, ils auraient dû être tout aussi durs avec la population que leurs prédécesseurs. Cela n'a pas de sens. Parmi les hommes de pouvoir, il y a réellement eu des âmes généreuses et charitables, qui se sont efforcées de faire le bien de l'humanité, et qui n'ont pas été égoïstes, mais pleines de foi en l'Evolution, y compris sur le plan social. En tout cas, c'est ce que je crois. Je ne marche pas du tout dans la diabolisation des riches et des puissants à laquelle on s'adonne souvent dans les partis de gauche. Je connais des chefs d'entreprise qui ont réellement l'âme charitable.

Commentaire n° 14 posté par: Ramiel(site web) le 19/07/2007 - 18:31:34
En fait, je voulais dire DES détenteurs de pouvoir ont de tout temps, et non LES.

Je ne vois pas comment la constitution physique de l'être humain rend libre : dire que c'en est le pivot me paraîtrait plus juste, mais dire que la constitution qui rende libre me semble excessif.
Commentaire n° 15 posté par: marie danielle le 20/07/2007 - 02:56:08
La constitution physique de l'être humain crée les conditions d'un psychisme contenant la liberté.
Commentaire n° 16 posté par: Ramiel(site web) le 20/07/2007 - 07:00:35
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