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Dimanche 26 Août 2007

Le mariage de ma cousine, que j'ai déjà évoqué, s'est déroulé dans le Cher, dans un village célèbre par son château, près de Saint-Amand-Montrond, dont je crois qu'historiquement, c'est déjà le Nivernais, et non le Berry. Mais je voudrais évoquer un point qui m'a paru commun, de toutes façons, à l'ensemble des départements centraux du Cher et de l'Indre (dont ma mère est originaire), qui est la petite taille des maisons particulières.

La noce faisait aller de bâtiment en bâtiment. J'ai parlé, dans l'article Berry, de la majesté des ruines, lorsqu'elles étaient liées à la religion telle qu'on la pratiquait au Moyen Âge, et, de fait, la réception s'est déroulée entre les murs d'une abbaye énorme et gothique, digne des thermes romaines par leur taille. Il n'en restait pas tout, et un édifice aussi grandiose, à présent écroulé, mais datant seulement du XIIIe siècle et de la grande époque du Berry, était assez étrange. Le pays, aux alentours, frappe, au contraire, par l'omniprésence de toutes petites maisons, qui de loin donnent le sentiment à ma relative grande taille que je ne vais pas pouvoir y entrer. Ce n'est qu'une impression, évidemment. Je me cogne au chambranle des portes, mais pas au plafond ! La massivité des fermes savoyardes, qui extérieurement me rassure davantage, est en réalité due à la partie supérieure, en bois, et entièrement réservée au foin : l'étage inférieur, en pierre et habitable, n'est pas nécessairement plus gros qu'une ferme ordinaire du Berry, et certainement moins étendu en longueur, car dans le pays des Bituriges, le terrain étant plat, on avait pris l'habitude d'ajouter des annexes pour les descendants dans le sens horizontal ; en Savoie (chez les Allobroges), le terrain rendait cette pratique plus difficile.

Pour ce qui est des bourgs, cependant, les maisons berrichonnes, ou apparentées, sont réellement moins grosses que les maisons correspondantes en Savoie. Les maisons dans les bourgs, en Savoie, sont elles aussi souvent massives, sans que, cette fois, cela englobe la grange du dessus. Est-ce que cela reflète les montagnes environnantes ? Dans le Berry, les demeures sont exiguës, un peu comme en Angleterre. Derrière, il y a fréquemment de petits jardins, jolis et carrés, proprets ; à l'intérieur, on se sent un peu à l'étroit, quand on mesure un mètre quatre-vingt-huit centimètres, comme c'est mon cas. Les Berrichons doivent être petits. Ma mère n'est pas grande : il faut l'avouer. On ne me croira peut-être pas, mais les intérieurs savoyards sont bien plus amples, davantage faits pour les gens de haute taille. Dans le Berry, je dénoterais toujours : on me prendrait forcément pour un étranger ! Ou alors, pour quelqu'un de bien bizarre. Car d'ordinaire, on le sait, les grands servaient essentiellement, à la campagne, à décrocher les andouilles, qu'on laisse sécher en les pendant au plafond. (En Savoie, on dit qu'ils servaient à décrocher les diots, néanmoins : je ne sais pas si les Savoyards étaient tous grands ; cela était le cas peut-être surtout dans les montagnes, dont ma famille descend ; mais globalement, des Savoyards assez grands, j'en ai beaucoup vu, dans les campagnes.)

Le mariage a également eu lieu dans l'église, assez jolie, de Meillant. L'intérieur possède un plafond couvert de fleurs de lys, et c'est bien, et pour cause, quelque chose qu'on ne trouvera jamais en Savoie. L'alliance entre le Roi et Dieu a quand même une certaine grandeur. Mais ce que j'ai aimé, surtout, dans cette église, c'est le renfoncement du chœur, qui crée comme un espace second, plein de dorures, de symboles, de châsses luisantes, de lustres étincelants, d'ornements peints gracieux, d'éclat sans nom, en un mot. En Savoie, on ne voit pas cela, car les églises sont simples, massives et cubiques. Or, ce creux trace comme un enfoncement vers l'infini : c'est le pays des fées et des anges qui diminue, parce qu'il est loin. La perspective est sublime.

Dehors, le clocher est gros et carré, et se dresse très haut ; des monstres en sortent à l'horizontale de manière menaçante : c'est tellement français, et tellement noble, tellement beau ! C'est comme la cathédrale de Bourges, si théâtrale, si vivante, pareille à une cité des anges, à un palais qui est en même temps un temple et une ville, et dont les fenêtres montrent le magique monde éthérique où demeurent éternellement vivants et colorés les immortels de la religion catholique ! J'en reparlerai, car il faut aussi faire un article sur Bourges exclusivement, je crois.

publié par Ramiel dans: ramiel.fr
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